Le Rhône, fleuve symbole de virilité, descend à la vitesse d’un torrent des Alpes suisses vers le midi de la France , il semble pressé de retrouver la chaleur du sud, tout au long de son parcours des vignobles l’accompagnent :à partir de Lyon ce sont les Côtes du Rhône.
Les vins de la vallée du Rhône n’ont rien à envier à ceux des vignobles Bordelais et Bourguignons en terme de qualité ; encore récemment, en 2007, un Châteauneuf-du-Pape a été déclaré meilleur vin rouge du monde, ce qui n’est pas rien, par une revue américaine faisant référence en la matière ( the Wine Spectator ) . Les côtes roties, sur la rive droite du Rhône au sud de Vienne, sont des vins de renommée mondiale , une réputation qui n’est certainement pas usurpée quand on voit avec quelle passion et quel coeur les vignerons locaux bichonnent leurs vignes . Un amour de la vigne qui est le point commun de toute la vallée du Rhône. Ces qualités que l’on retrouve dans les Cornas, Gigondas et autres Crozes-Hermitages qui peuvent être classés sans complexe dans la catégorie vin de prestige . Les vins blancs "Côtes du Rhône" ne sont pas les parents pauvres de l’appellation, pour preuve, s’il en fallait une, le cépage Viognier formidablement mis en valeur dans le Condrieu et le confidentiel mais néanmoins excellentissime Château-Grillet , l’association Roussanne/ Marsanne révèle toute sa finesse dans le tendre Hermitage .
Avec le Beaujolais , le côte du Rhône était et est toujours le vin incontournable des bouchons lyonnais , il n’en est pas un qui ne vous propose, pour accompagner son repas, un pot de côte . Le pot est une bouteille typiquement lyonnaise d’une capacité de 46cl . La réputation de vin de bistrot du Côte du Rhône s’est répandue sur tout le territoire français, la carte des vins des petits restaurants parisiens ont tous la carafe de Côte en pôle position . Si, il y a quelques années le Côte avait la réputation d’être un "petit" vin, ce qui, il faut bien l’admettre, n’était pas dénuée de vérité, grâce aux efforts constants de toute la profession et surtout tiré par le haut par les grands vins de la vallée (ceux cités ci-dessus , entre autre), la qualité de ces "petits vins" n’a cessé de s’améliorer au fil des années pour arriver aujourd’hui à des vins ayant des rapports qualité/prix tout à fait satisfaisant . Et on peut raisonablement espérer que les vignerons continueront sur ces bons rails et ne relacheront pas leurs efforts .
La présence de la vigne dans la vallée du Rhône est très ancienne . Ce sont les grecs qui ont introduit la culture du raisin dans le sud de la France, par leurs différentes colonies implantées ci et là sur la côte méditerranéenne . Mais concernant la vallée du Rhône ce sont bien les romains qui ont remonté la vigne le long du fleuve .C’est pour cette raison que c’est aux alentours de Vienne (grande ville romaine) qu’on trouve les vignobles les plus anciens de la vallée . Les zones de l’actuel Côte-Rôtie ainsi que celles des Hermitages dateraient du IVème siècle avant JC tandis que le secteur Châteuneuf-du-Pape aurait été implanté en vignes par l’ordre des Templiers à partir du XIIème, poursuivi par les papes (grands amateurs de bonnes choses, donc de vins) fraichement arrivés en Avignon . La suite de l’expansion du vignoble rhôdanien s’est faite ensuite petit à petit au cours des siècles, avec des hauts en temps de paix et des bas en temps guerre, pour en arriver au niveau actuel .
Le vignoble Côte du Rhône comporte deux zones bien distinctes puisque séparées par une "no-wines-land" d’environ 50 km située entre Valence au nord et Montélimar au sud . Quelle tristesse une région sans vigne !
La partie située au nord de Valence s’étend jusqu’aux portes de Lyon, certains auteurs considèrent en effet que les Coteaux du Lyonnais intègrent les Côtes du Rhône , elle bénéficie d’un climat de type tempéré à influence continentale de plus en plus marqué au fur et à mesure que l’on s’avance vers le nord ,le sol est constitué essentiellement de granit et de schist , les pentes des coteaux sont raides ; ce sont surtout la syrah pour les rouges , le viognier, la marsanne et la roussane pour les blancs qui se sont le mieux développés sur ce secteur .
La partie située au sud de Montélimar bénéficie d’un climat franchement méditerranéen, les sols plus variés qu’au nord sont constitués de sable, de molasse, de galets, voire de mélange argile sable sur une base de calcaire . Les terrains sont en général plats ou à faible déclivité . Le grenache règne en maître sur ce domaine avec des apports de syrah, de cinsault, de mourvèdre ou encore de roussane pour ne citer qu’eux .