Bordeaux représente l’image même du vin français et du vin en générale depuis longtemps. Pourtant, les beaux alignements de barriques sur le port et les grands chais du négoce, ont cédé la place aux zones industrielles de la périphérie.
La ville de Bordeaux, en suivant l’évolution du monde moderne a changé de face et a vu disparaître peu à peu les petits bars et les bistrots d’antan. Pourtant, l’histoire nous enseigne que le vin fut connu à Bordeaux avant la vigne même, puisque ce sont les négociants campaniens qui commençaient à vendre du vin aux Bordelais dès la moitié du I er s av JC.
C’est surtout à partir du XIIe s. que la culture et l’exploitation de la vigne ait connu une certaine extension : le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, ouvrit les portes du marché britannique aux fameux "clarets".
Cependant, à cette époque le vin se conservait mal puisqu’il se dégradait et devenait acide au bout d’une année. De plus les « clarets » ont été concurrencés par l’introduction de nouvelles boissons tels le thé et le café, mais également par les vins venus d’Espagne. En outre, les guerres Franco-Anglaises de l’époque entraînèrent un blocage économique sur les produits français dont le vin. Cependant, la société anglaise et plus particulièrement la noblesse restait attachée au goût des « clarets ».
Aussi certains négociants londoniens achetèrent jeunes les vins français pour les élever et en faire des vins plus raffinés : les "new french clarets". Ces derniers furent mis en bouteilles et scellées pour en garantir l’origine et accroître leur valeur.
C’est ainsi que la notion de qualité fut introduit dans le monde du vin.
Cette nouvelle situation poussa les viticulteurs français à améliorer leurs produits avec la pratique de l’élevage en fût. En même temps la conservation du vin fut amélioré par l’anhydride sulfureux qui permit le vieillissement, ainsi que la clarification par collage et soutirage.
La notoriété des crus bordelais gagnée peu à peu au fil du temps fut établie vers la fin du XVIIIe s. Cependant, les troubles politiques de l’époque fermèrent provisoirement les marchés anglais, mais la notoriété des grands vins de Bordeaux ne cessa de croître au XIXe s. et fut couronnée en 1855, par la célèbre classification des crus du Médoc, toujours en vigueur de nos jours.
Les maladies de la vigne, phylloxéra et mildiou, les crises économiques mondiales et les guerres ont profondément touché le marché du vin. Cependant le vin de Bordeaux a connu un regain de prospérité vers la fin des années 1980 dû surtout à l’amélioration de la qualité et à l’engouement des consommateurs du monde entier pour les grands vins.
La qualification terroir et grands vins ont retrouvé leur valeur d’origine depuis, mais le marché connaît un malaise depuis le début du troisième millénaire ce qui ne manquera pas d’affecter les vignobles français.