Officiellement rattachée à la Bourgogne viticole, la région du Beaujolais se distingue à la fois par sa culture et son environnement. En effet, si la bourgogne est dotée d’un paysage à côte linéaire et presque régulier, la région Beaujolaise affiche un paysage agrémenté de succession de collines et de vallons. La différence est également le fruit des promotions Délimité du Nord au Sud par l’Arlois et le vignoble Lyonnais et d’Est en Ouest par la plaine de la Saône et les monts du beauljolais, le Beaujolais s’étend sur 23 000 ha et quatre-vingt seize communes des départements de Saône-et-Loire et du Rhône.
La ville de Lyon n’est pas étrangère au succès du Beaujolais. En effet, Lyon constituait depuis le XVIIe.s. un marché privilégié pour le Beaujolais. Les vins du Beaujolais alimentaient depuis toujours les célèbres « bouchons ». De plus, l’entrée du Beaujolais parmi les cinq grosses fermes royales lui octroya de nombreux avantages comme le fait de ne pas payer certains taxes, ce qui contribua grandement au développement rapide du vignoble.
Aujourd’hui, le Beaujolais produit essentiellement du vin rouge typé à partir du cépage gamay noir avec une production moyenne avoisinant les 1 400 000 hl. La production de vins blancs y est extrêmement limitée. La production est classée entre les trois appellations : beaujolais et beaujolais villages pour les vins rouges, rosés ou blancs et beaujolais supérieur pour les vins rouges et blancs. Il existe également dix autres appellations : brouilly, côte-debrouilly,chénas,, chiroubles, fleurie, morgon, juliénas, moulin-à-vent, saint-amour et régnié. Ces dix autres appellations sont réservés aux "crus" et concernent uniquement des vins rouges, qui ont aussi la possibilité d’être déclarés en AOC bourgogne, excepté le régnié.
Le vignoble beaujolais, se caractérise également par son exploitation. En effet, la pratique du métayage y est encore très prisée et il n’est pas rare de croiser des viticulteurs à la fois propriétaire et métauer. Le métayage est pratiqué dans cette région sur 46% des terres cultivées contre 45% pour l’exploitation directe et seulement 9% pour le fermage.
Le principe du métayage est que la récolte et certains frais sont partagés par moitié entre l’exploitant et le propriétaire, ce dernier fournissant les terres, le logement, le cuvage avec le gros matériel de vinification, les produits de traitement, les plants. Dans la pratique, il arrive que le vigneron ou métayer lui même, assure la main-d’oeuvre, les dépenses dues aux récoltes, le parfait état des vignes.
Généralement Les contrats de métayage, prennent effet à le 11 novembre c’est à dir le jour du Saint Martin.
Dix-neuf caves coopératives assurent 30 % de la production. Les ventes sont assurées par des éleveurs et expéditeurs locaux à hauteur de 85 %. Cependant c’est la libération des vins primeurs, les premiers mois de la campagne, qui marquent l’économie régionale.
La renommée du beaujolais étant établie depuis longtemps auprès ds consommateurs du monde entier, près de la moitié de la production est exportée vers les pays limitrophes de la France mais également vers d’autres pays lointain comme les États-Unis, le Canada, le Japon...
Situés entre 190 et 350 m d’altitude, il convient de distinguer deux secteurs séparés par une ligne virtuelle : le Beaujolais Nord du Beaujolais Sud.
Le secteur Nord présente un relief doux, comblés en partie par des sables. C’est la région des roches anciennes. La décomposition du granite donne des sables siliceux, aussi appelés « gore », dont l’épaisseur varie d’une dizaine de centimètres à plusieurs mètres à certains endroits. Plus facile à travailler, ce sont des sols acides qui sont pauvres en éléments fertilisants et requièrent en l’utilisation de matières organiques. Les sols schisteux sont privilégiés pour la culture des appellations locales et des beaujolais-villages.
Le secteur sud est caractérisé par une présence plus forte de terrains sédimentaires. Le terrain y est marqué par un relief plus important et les sols sont riches en calcaire et en grès et gardent mieux l’humidité. C’est le terrain de prédilection de l’AOC beaujolais.
Les meilleur terroirs se trouvent au sud-sud-est et sont situés entre 190 et 350 m.
La région beaujolaise est dotée d’un climat tempéré, alternant une tendance continentale, une tendance océanique et une tendance méditerranéenne. Ainsi, le changement de climat s’opère parfois brutalement. En effet, le climat peut aller de froid et humide à humide et sec voire brûlant en passant par un temps humide avec des pluies orageuses accompagnées par des chutes de grêle. Heureusement des microclimats favorisent l’extension de la vigne dans des situations visiblement moins propices.
Cependant, le vignoble profite d’un bon ensoleillement et de bonnes conditions pour la maturation.
Dans la région Beaujolaise, presque 99 % des surfaces cultivées sont plantées en "gamay noir", appelé couramment « gamay beaujolais ». Ce cépage s’adapte à de nombreux sols et support des climats très divers mais il est assez fragile face aux parasites et aux maladies de la vigne.
Ce cépage se distingue aussi par sa culture. En effet, il doit être soutenu pendant les dix premières années de sa culture pour bien se former. La floraison a lieu dans la première quinzaine de juin, et les vendanges débutent à la mi-septembre.
il existe toutefois d’autres cépages ouvrant le droit à l’appellation à savoir le pinot noir pour les vins rouges et rosés, et le Charonnay et l’aligoté pour les vins blancs. Les parcelles de pinot noir peuvent être assemblées dans la limite de 15 % et le mélange dans les vignes des plants de pinot noir et gris, de chardonnay, de melon et d’aligoté dans la limite de 15 % est toujours autorisé pour l’élaboration des vins rouges et rosés.
L’élaboration de tous les vins rouges du Beaujolais doivent suivre le principe du respect de l’intégralité de la grappe et une macération courte de trois à sept jours .
La fermentation alcoolique classique combinée avec la fermentation intracellulaire confère aux vins du Beaujolais une constitution ainsi qu’une trame aromatique caractéristiques due certainement à la dégradation de l’acide des raisins.
Les vins du Beaujolais ont en commun un caractère sec, peu tannique, souple, frais, très aromatique avec un degré alcoolique compris entre 12° et 13° vol., et une acidité totale de 3,5 g/l exprimée en équivalence de H2 SO4.
La dénomination « vin de primeur » ou « vin nouveau » ne peut être attribué qu’aux vins rouges et rosés des appellations Beaujolais et Beaujolais Villages . Ces vins sont à l’origine cultivés et récoltés sur les sables granitiques de certains secteurs de beaujolais-villages. et sont vinifiés après une macération courte de quatre jours. Ils ont un caractère tendre et une coloration pas trop soutenue, et des arômes fruités. La production de vin de primeur a pris beaucoup d’importance puisqu’elle est passée de 13 000 hl en 1956 à 517 100 hl en 2003.
Les vins du Beaujolais ne sont pas des vins de garde faits pour être conservé longtemps. Généralement, ils sont consommés au cours des deux années qui suivent leur récolte, sauf pour les très belles bouteilles, qui peuvent être savourées au bout d’une dizaine d’année.